Il arrive que le dialogue se tarisse au fil des conflits répétés ou bien se rompt brusquement. C’est là que la rancoeur, le sentiment suspendu d’inachèvement viennent se lover, confortablement installés. On finit par ne plus trouver les mots et par croire que rien ne pourra débloquer la situation.
On cadenasse tout ça et on jette la clef, l’espoir que la parole se délie gît au fond du jardin. Et puis tout semble irrévocablement fini.
Mais que nenni !
Effacez cette fausse croyance. Les meilleurs négociateurs du FBI vous dirons le contraire. Il y a toujours un chemin possible vers le dialogue et une fois la clef retrouvée et la porte à peine entrouverte un flot de paroles et de compréhension peuvent y trouver un passage inespéré.
Vous seriez étonné de voir ce qu’il est possible de faire lorsque le dialogue s’habille de nouvelles et saines habitudes.
Le secret réside dans quatre verbes : écouter, entendre, comprendre et s’exprimer clairement.
La colère, la peine, la rancoeur, les blessures sont autant d’ornières qu’il faut apprendre à dépasser. Malheureusement, dans ce monde à toute vitesse s’assoir un instant pour écouter attentivement et soi-même et les autres paraît de l’ordre de l’impossible.
Renouer le dialogue est un art. Cela nécessite de savoir prendre du recul, faire le point et d’apporter à votre regard les lunettes ayant la correction de l’objectivité et de la souplesse.
Une fois chaussé il faut aussi s’accorder du temps. Une rancune peut perdurer des semaines, des mois voir même des années. Et les conséquences peuvent être désastreuses, perte d’amitié qui vous était précieuse, difficultés quotidiennes avec un collègue de travail, procédures judiciaires interminables. Cela mène souvent les personnes à montrer le pire d’elles-mêmes sans le vouloir.
Mais rappelez-vous la porte est entrouverte et vous avez la ferme intention de vous glisser dans ce nouvel espoir. Sur ce chemin soyez prêt à vous étonnez vous-même.
Vous faites le premier pas. Ne partez pas à l’aventure tête baissée. Il faut vous présenter préparé à cet exercice. Vous devez avoir les idées claires, avoir fait le point sur vos émotions, vos croyances. Il est également important de savoir quel est le nouveau lien que vous désirez désormais avoir avec la personne ou avec le groupe.
Comme je vous le répète souvent, il existe des outils pour apprendre ce savoir-être. L’un d’eux est de faire une introspection profonde et objective en se posant ce type de questions:
Le personne en face est-elle prête?
De quelle manière aborder simplement et objectivement le sujet?
À quel moment?
Quelle est ma part de responsabilité?
La délicatesse est extrêmement importante. Si notre monde en est souvent dépourvu, renouer le dialogue est un moment crucial pour le faire naître ou renaître. De s’en saisir et d’en apprécier la force.
L’empathie envers l’autre est tout aussi indispensable, mais, ne vous oubliez pas!
Enfin ne nous berçons pas d’illusions, un bon dialogue est le fruit de la maturité émotionnelle et ce fruit est un vrai travail de prise de conscience et d’ouverture. Ce n’est pas facile et pas non plus inné pour la plupart des être humains. Vous ferez des erreurs, vous serez maladroit quelques fois mais le cadeau qu’il vous offrira, au bout du chemin, vous rendra la vie bien plus douce et vous marcherez sereinement dans les plus rudes conflits.
Parfois l’intervention d’une tiers personne peut être cette clef, n’hésitez pas à la saisir s’il le faut
Bien à vous!
Audrey Tarot.